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Vidéo/Une nouvelle technique d’imagerie dévoile l’anatomie insoupçonnée des insectes

Une équipe de physiciens et d’entomologistes canadiens a conçu un micro-scanner capable de saisir d’étonnants clichés d’insectes vivants.

ENTOMOLOGIE. Jusqu’à présent, la façon la plus efficace d’étudier l’anatomie des insectes passait encore par leur dissection. Un postulat qui pourrait changer après cette découverte canadienne réalisée par des spécialistes en imagerie médicale et en entomologie. Ces derniers ont mis au point une méthode de « micro-scanner » non invasive, recourant à un flux continu de dioxyde de carbone (CO2) afin d’immobiliser les petits hexapodes. Une étude scientifique a été publiée dans BioMedCentral pour présenter la méthode, qui fournit d’étonnantes images explorant les entrailles d’insectes mesurant quelques millimètres à peine.

Une résolution de seulement 10 microns

La technologie d’imagerie utilisée est en fait bien connue, puisqu’il s’agit d’un classique scanner, méthode éprouvée permettant d’atteindre une résolution d’une grande finesse, jusqu’à 10 microns. Un principe qu’il était jusque là difficile d’appliquer aux insectes, en mouvement incessant et difficiles à maintenir immobiles. Les entomologistes de l’équipe ont alors eu l’idée de tirer parti de leur résistance à la privation d’oxygènes : une arrivée de COdans la cabine suffit à induire une hypoxie temporaire (absence d’oxygène) jusqu’à 7 heures d’affilée sans que leurs facultés ou leur durée de vie ne soient ultérieurement affectées.

Résultat : des images d’une rare finesse qui montrent les organes des insectes sous un angle inédit. « J’ai l’habitude de parcourir les illustrations des manuels d’entomologie, mais là, nous pouvons accéder à une perspective radicalement nouvelle« , a commenté Joanna Konopka, doctorante ayant participé à l’étude. La preuve en vidéo ci-dessous en appliquant cette technique d’imagerie à un doryphore (Leptinotarsa decemlineata).

Un succès interdisciplinaire

De tels résultats, pensent les chercheurs, n’auraient pu être atteints en l’absence de collaboration interdisciplinaire. « Notre exemple illustre les bénéfices que les chercheurs tirent à travailler de façon interdisciplinaire, estime Danny Poinapen, physicien de formation. Par exemple, dans notre laboratoire dédié à la conception de micro-scanners, nous savions construire des images de petits animaux, mais au final bien peu de choses sur les insectes. C’est grâce à nos confrères biologistes que nous sommes parvenus à un tel résultat. » Pour le chasseur d’insectes amateur, c’est l’occasion de les voir sous un angle inédit.

 

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